JOURNEE THIERNO MBAYE SYLLA : MAMADOU & ALIOUNE DEUX FRERES AUX DESTINS QUASI-IDENTIQUES

17 janvier 2020 à 21h32 - 723 vues

FOCUS SUR CES DEUX FRERES

Issus d’une fratrie de onze (11) enfants, dont 5 hommes: Matar, Ibra Boundou, Abdoulaye, Mamadou et Alioune Sylla, et 6 femmes: Aminata Toute Sylla, Fatou, Mame Aîta Sylla, Soukeye, Marème et Oulèye Sylla, les deux fils cadets de Mame Thierno Mbaye Sylla, à savoir Mame Mamadou Sylla et Mame Alioune Sylla naquirent à Dakar, en Juillet 1881, de mères différentes.

Mame Alioune Sylla, communément appelé Alioune Ngoné, perdit sa mère, Mame Ngoné Diop, en bas âge et fut élevé par Mame Aminata Seck, mère de Mame Mamadou Sylla (voir photo en bas du paragraphe). Leur «union» fut scellée à partir de ce moment et ils devinrent inséparables, au point d’être le plus souvent pris pour des jumeaux. Ne se quittant plus et partageant presque tout, ils furent envoyés, pour une partie de leurs études coraniques, à Tivaouane, au Daara de Mame Laminou Sylla (demi-frère de Thierno Mbaye Sylla, père de Mbaye Sylla (Aby), père de Imam Maodo Sylla) et l’autre partie sera complétée à Touba, au Daara de Sylla Dramane ainsi que leurs frères* Matar Sylla, Mbaye Sylla (Aby), Matar Sylla Bayakh, Pape Abdoulaye Sylla et Alioune Sylla (communément appelé Alioune Dieynaba ou Alioune Sylla Bourou Ngoy).

WS20 Février 2018 Page 3 Mamadou Sylla.jpg (512 KB)

Après leurs études coraniques, ils furent inscrits à l’école française et obtinrent plus tard leurs diplômes en Comptabilité à l’Ecole Spéciale des Travaux Publics, du bâtiment et de l’Industrie de Paris « EYROLLES », cours qu’ils suivirent par correspondance. Leur date d’entrée en tant qu’employés des Travaux Publics auprès du Ministère des Colonies, fut constatée en 1903, pour Mame Mamadou Sylla et 1904, pour Mame Alioune Sylla. Affectés ensemble à Conakry, à partir de 1908, dans le cadre de leur profession, Mame Alioune Sylla fut rappelé pour son service militaire et partit pour la guerre de Janvier 1916 à Décembre 1918. A la fin de la guerre, il regagna son poste à Conakry et il y resta avec son frère jusqu’en 1919, date à laquelle ils rentrèrent à Dakar.

Ils furent définitivement titularisés en tant que Chefs Comptables dans le Cadre Commun Supérieur des Travaux Publics de l’AOF (Afrique Occidentale Française) en Mai 1927 et continuèrent à exercer leurs activités professionnelles jusqu’à leur retraite en 1937.

A compter de cette date, Mame Mamadou Sylla fut sollicité par le Tribunal Musulman de Dakar pour remplir la fonction de Cadi de Dakar et forma son neveu, Maodo Malick Sylla qui deviendra plus tard Imam de la Grande Mosquée de Dakar et Cadi. Quant à Mame Alioune Sylla, la comptabilité de la Mairie de Dakar lui fut confiée et il recevra, par conséquent, une distinction des mains de Lamine Guèye, alors Président de l’Assemblée Nationale.

Grands érudits de l’Islam, ils en firent un sacerdoce et un «porte étendard» tout le long de leur vie au sein de toutes les confréries plus particulièrement celle qui était la leur, la confrérie layène, en ne lésinant sur aucun moyen. A ce titre, Seydina Issa Rouhou Lahi, fils de Seydina Limamou Lahi al-Mahdi (PSE) avait l’habitude de répondre quant au comment faire face à toutes les charges de la communauté layène: «amena Mamadou ak Alioune» (j’ai Mamadou et Alioune) et leur participation à la construction de la mosquée de Yoff Layène en fut la preuve car Mame Alioune Sylla avait mobilisé tous les moyens nécessaires pour mener à bien les travaux.

Le destin quasi-commun de ces deux frères inséparables fut interrompu par le décès de Mame Alioune Sylla, le 1er Octobre 1963 à Dakar. Cette disparition affecta profondément son frère Mame Mamadou Sylla qui, s’étant replié sur lui-même et ne communiquant plus pendant plusieurs années, décéda à son tour le 26 Janvier 1968 à Dakar.

Cet amour fraternel qui les lia, fut tel que certains de leurs enfants ignoraient jusqu’à leur adolescence qui des deux, était leur véritable père; amour qui continue encore d’exister dans la famille « SYLLA »en général et dont je suis fière de faire partie.

Hommage est ici rendu à mes oncles, le Professeur Assane Sylla (fils de Mame Alioune Sylla) pour m’avoir transmis l’amour de l’écriture et Tonton Abdoulaye Sylla (fils de Mame Mamadou Sylla) qui m’aimait comme sa propre fille et m’appelait affectueusement « Tante Yaye Mame Maty» ainsi qu’à mon père, Abdou Diouf que Mame Alioune Sylla considérait comme son fils et qui m’aima d’un amour inconditionnel jusqu’à son dernier souffle.

Mame Maty DIOUF Fille de Rokhayatou (Daba) SYLLA

Fille de Alioune SYLLA

Fils de Thierno Mbaye SYLLA

Fils de Mame Maktar SYLLA Khary Diop

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article