GOREE : L’affranchie intègre

15 février 2016 à 13h07 - 2248 vues

L’île de Gorée, c’est connu, est une île martyre rendue célèbre par l’esclavage.  Excepté l’Imam Mahdi (PSL), Gorée n’a reçu aucun saint. Il y a séjourné durant trois mois en compagnie de tafsir Abdoulaye Diallo. Waa Soodaan vous offre l’ouvrage «La face cachée de l’exil de Seydina Limamou Lahi» écrit par Ababacar Laye Basse, Ibrahima DIOP, Abdoulaye Samb et... Pour la suite, reportez-vous aux pages 28 à 30 de ce magazine sous la rubrique L’Imam de tous les imams.

Avec les nouvelles découvertes de la Renaissance, Portugais et Espagnols au faite de leur puissance maritime, ont  lancé des expéditions le long des côtes du Nouveau Monde et du Vieux Continent.

C’est ainsi qu’en 1444 sous le commandement de Denis Diaz, les caravelles portugaises découvrent aux larges de la presqu’île du Cap-Vert, la petite île : Gorée.

Située à trois kilomètres de la côte Dakaroise, Gorée avec ses 900 mètres de long sur 300 mètres apparaît comme une escale exceptionnelle sur la route du Cap et des Indes. Elle offre en effet aux modestes vaisseaux de l’époque un bon mouillage dans une rade bien abritée de la houle surtout pendant les périodes de tempêtes d’où l’intérêt que lui portent navigateurs et commerçants qui y faisaient escale pour réparer leurs bateaux.

De Beer à Gorée

L’île était désignée par les autochtones Wolofs et lébous par Béer. Plusieurs thèses sont avancées pour justifier cette appellation.

Selon certains témoignages européens, Gorée doit son nom aux premiers navigateurs hollandais. A en croire Dapper, en 1617, le roi Biram du Cap-Vert en fit don à la compagnie Néerlandaise des Indes occidentales qui peu après y fit construire une forteresse.

De  même Anfreville de la Salle se fondera sur les dires de Lemaire pour écrire que Gorée aurait été baptisée en souvenir de «Gorée en Overflakee». Celles-ci présentent une similitude de forme hallucinante lorsqu’on retourne la carte de Gorée.

Un tel procédé était d’ailleurs fréquent lors des grandes découvertes.

Pour s’en tenir aux navigateurs néerlandais, on peut citer le cas de Nieuw Amsterdam (l’actuelle ville de New York) avec ses nombreux quartiers baptisés de noms hollandais tel Breukelen (actuel Brooklyn), ancien nom d’un village voisin d’Utrecht et de Haarlem.

D’autres s’en tiennent à l’étymologie néerlandaise pour dire qu’elle est une contraction de Goede Reede, allusion à la sécurité de sa rade pour les navires.

Face à de telles assertions, nous pouvons  avancer en connaissance de cause que Gorée (l’affranchie intègre en Wolof), en rapport le nom de la grotte de Ngor (la dignité en wolof), révèle une dimension spirituelle qui semble échapper à plus d’un.

Turbulente histoire

Inhabitée jusqu’en 1444, selon les Européens, l’île fraîchement découverte par Denis Diaz va jouer un rôle historique unique au monde.

La proximité de la grande terre qui offre le bois et les vivres fit de l’île sous tutelle portugaise puis hollandaise (1444 à 1677), un point de relâche sur la route de Guinée, du Cap et des Indes.

Au demeurant, grâce à son entrepôt fortifié, elle permet de garder des marchandises de traite sans risque de pillage, ce qui est loin d’être le cas dans les comptoirs de la petite Côte.

Mais, à coté des grands courants commerciaux dont l’île ne participa que modestement, sa grande renommée découle principalement du commerce des esclaves. Capturés essentiellement sur la côte de Guinée, une faible partie seulement était gardée pour assurer les services locaux (esclave de case) ; tandis que le gros était en Amérique pour remplacer la main d’œuvre indienne hostile à la servitude.

Gorée fut donc la plaque tournante de cette odieuse pratique qui arracha à l’Afrique des milliers et des milliers de ses fils qui vont mettre en valeur le nouveau continent Américain.

L’abolition de l’esclavage

Si de faibles voix à l’image de Victor Schoelcher finirent par se faire entendre dans la croisade contre cette pratique inhumaine, force est de noter que l’esclavage ne fut totalement éradiqué qu’en 1884-1885 avec la conférence de Berlin. Cette heureuse initiative, assez tardive du reste, coïncida miraculeusement avec l’Appel lancé par Seydina Limamou Lahi al Mahdi (PSL) qui déclara, être investi par Dieu pour amener hommes et djinns à adorer leur Créateur selon un culte islamique pur, son apparition dans la race noire, pour la hisser au même rang que les autres conformément à la sourate 47 verset 10 du Saint Coran ou Dieu dit : «Tout peuple aura son messager, et quand ce messager viendra, il sera décidé entre eux avec équité et ils ne seront point lésés» .

Et le prophète Mohamed (PSL) ne prédit-il pas la venue du Mahdi (que Seydina Limamou Lahi (PSL) s’est déclaré être) en ces termes : «S’il ne restait au monde qu’un seul jour, Dieu l’allongerait jusqu’à ce que fut envoyé un homme de ma famille qui remplira le monde de justice et d’équité, comme il a été jusque là rempli d’injustice et d’iniquité»

Si nous comparons ces propos avec ce que nous savons des enseignements de Seydina Limamou al Mahdi (PSL), qui, dès le début de son Appel islamique s’est soulevé contre les préjugés raciaux en éliminant les noms de famille qui étaient symboles d’une stratification sociale synonyme d’injustice et d’inégalité, nous pouvons affirmer que ces enseignements révolutionnaires du Mahdi constituent un des signes précurseurs de l’abolition de l’esclavage.

 

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